« […] À ce propos, le professeur Moritaki est borgne lui aussi. Il y a dix-neuf ans il se trouvait, en tant qu’enseignant à l’École normale supérieure de Hiroshima, mobilisé avec ses étudiants. Il conserve encore, tout éclaboussé de taches d’encre, le journal qu’il rédigeait à l’époque. Le matin du 6 août, assis à son bureau, il venait d’y noter, à la date de la veille : « Aube magnifique, ciel pourpre. Fabriqué 500 lances en bambou« , quand soudain, sous le coup de l’explosion, il a perdu ses élèves — et un œil, par la même occasion. Un nombre considérable de gens ont dû ainsi devenir aveugles à la suite de cet effroyable éclair. » (Notes de Hiroshima, « Hiroshima revisitée », édition Folio, p.104, Ōé Kenzaburō, 1965 ; traduction de Dominique Palmé)
Témoignage recueilli par Ōé Kenzaburō, en 1964, lors de son deuxième voyage à Hiroshima
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